Tokyo decadence

Tokyo decadence est un film de Ryu Murakami, réalisé en 1992. Murakami est un réalisteur japonais fasciné par toutes ce que l'esprit peut présenter de plus dégénéré. Il est entre autre le réalisateur de "Because of you" (2000) et "raffles Hostels".
Tokyo decadence est le titre donné à la version Américaine, il est important de prendre connaissance de celui qui fut donné à la version japonaise originale "sex dreams of Topaze" ou encore "Topazu".
Cette différence à une importance particulière, dans la mesure ou le titre japonais reflète une poésie intense, à la différence de l'Américain qui est bien plus cru.
Synopsis:
Ai, jeune japonaise romantique, rêve du grand amour. Pour reconquérir l'homme de sa vie, une voyante lui conseille de porter une topaze rose au doigt. Pour ce qui est de sa vie professionnelle, Ai vient d'entrer dans une agence de call girls. Elle y est une employée modèle, une perle rare spécialisée dans le sadomasochisme...
Topazu est un film ignoble, il faut le dire dès le départ! On est ici à l'extrême limite avec le cinéma pornographique de genre. Heureusement le talent du réalisateur va conférer aux scènes sexuelles une dimensions désespérée et provocatrice qui leur feront perdre toute leur propriétés masturbatoires (fort heureusement d'ailleurs car elles sont très très nombreuses).
Les formes de sexualité exploitées sont le sado masochisme sous toutes ses formes: salle d'opération, triolisme, latex, soumissions, scatophilie, fantasmes nécrophiles...
Ce rapport absolument immonde à la sexualité est teinté d'un très grand désabus par le réalisateur. Ce dernier nous livre une oeuvre calme, placide mais impitoyable. Cela s'apparente de manière frappante au "dead or alive" de takashi Miike, mais à la différence de ce dernier qui a misé la carte de l'explosivité, "topazu est posé, et indifférent.
La caméra dévoile sans tabou aucun ces scènes honteuses ou des hommes d'affaire japonais boivent de l'urine de femme, subissent des pénétrations anales par gode ceinture, se font étrangler...
Pourquoi? Parce que c'est l'infame réalité d'un japon décadent. Le dialoguee entre la maitresse maso et la jeune Ai est en fait l'âme du film, qui permet de saisir cette signification profonde qu'il faut attribuer auxx scène sado masochistes de "topazu".
Corrolaire inévitable de ces plaisirs ignobles, la consommation massive de drogues dures.
Cet élément est déja très exploité dans le reste du cinéma japonais, (Miike notatment, et John Woo), car il constitue l'une des perversions les plus répandues dans ce pays.
L'intérêt du film sur ce point est qu'il a esthétisé cette pratique, en présentant une multitude de mode de consommation plus ou moins raffiné, plus ou moins exaltants...
Chaque prise est un cérémonial, la maitresse maso possède un outillage en argent pour préparer ses fixes, la cocaîne est éventée avec un outil en laiton, on découvre l'utilisation d'un bang très spécial qui fonctionne avec un chalumeau...
Toute cette mise en scène autour des psychotropes est très malsaine, mais semble en fait constituer, le seul échapattoire possible pour ces adultes dont la vie est réduite à l'animalité la plus profonde. Les personnages sont des gens pour qui la dignité n'exsite pas, et dont l'unique voie de sortie pour conjurer un réel qui ne les acceptera jamais, est la cocaine et sa finalité mortelle.
Sex and drugs... Du trash facile me direz vous, on a déja vu du Miike, c'est bon...
Et c'est la que la magie de Murakami intervient.
Car ces scènes violentes sont superposées à un scénario qui dégage une poésie hors du commun. La jeune Ai, est une jeune femme chétive, fragile, toujours habillée magnifiquement, et qui tient à la main ce sac de cuir rouge. Jamais on ne pourrait s'imaginer lorqsque l'on voit ces travellings ou elle parcourt Tokyo, que sous ces vêtements elle est en latex, et que son sac contient une collection d'instruments sexuels extrêmement sophistiqués. C'est sur ce contratse que va jouer Murakami.
Son héroïne est uen jeune fille pqui cherche le grand amour, un amour innateignable, pour lequel elle va se livrer à la superstition en achetant et en portant une Topaze rose. Un amour qu'elle va chercher au tarvers de cette soufrance que ses activités exuelles lui font endurer, et sur ce point, l'attitude de l'actrice au cours de la scène de scatophilie est remarquable, on lit un dégout mêlé à de l'égarement sur tous les traits de son visage.
Puis, on lui propose de réaliser une mise en scène nécrophile, et c'est alors la prise de conscience, elle refuse!
alors elle se tournera veers la drogue, et à l'aide de la maitresse, elle va consommer de la cocaine. cette scène de rogue avec les deux femmes ets très très belle, et très significatrice, c'est uen des plus réussies qu'il m'ait été donné de voir sur les ffets de la drogue, on y voit la maitresse improviser un opéra avce pour micro un godemiché triple, la table est jonché de matériel de consommation, et les fixes s'enchainent à une vitesse effrénée.
C'était alors le point de non retour, la jeune Ai va pendant toute la fin de film être égarée dans les quartiers résidentiels de Tokyo, et on va voir alors, toute cette fausse dignité qu'elle revêtait, s'effondrer par strates.
Elle se fait traiter de folle, ses vêtemtnst magnifiques sont souillés, elle recoit du vin sur le corps, patauge dans la boue, tente de cambrioler une maison.; et finit avec la police.
C'est ici le schéma caractéristique de l'égarement humain, qui se caractérise au départ par une vie tangeante, underground et plus ou moins provocatrice, puis se termine forcément par une chute abyssale dans la démence, l'associalité, et la saleté.
Du point de vue cinématographique pur, l'esthétique japonaise est absolument sublime, les décors sont en majorité des décors très luxueux qui sont très beaux. Et surtout, le film doit être vu pour une séquence absolument magique: l'image est en filtre bleu, on voit un plan de parkking souterrain belu, d'ou sort la jeune AI, elle ouvre son parapluie qui est rouge (pareil que dans Sin citty), et commence alors un travelling hors du commun, entre deux rangées de poteaux rouges clignotants, alors que l'image est d'un bleu profond. Un très très très beau travelling, et un grand moment de cinéma.
Pour conclure, "Topazu" est un film crade, mais l'accumulation de scènes choquantes fait que l'on est balsé assez vite, et ainsi on pénètre pleinement lee ffilm et sa critique désabusé d'un japon décadent et déchéant. La scène du début est révélatrice, la jeune pute en latex se tortille devant la baie vitrée d'un immeuble d'affire, face à pleins d'autres immeubles... Au milieu de ce luxe et de ce sérieux, parmis toutes ces fenêtres, il ya le mal, l'animalité, et tout ce que l'homme peut faire de plus malsain.












